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Confinement… Face à nos peurs. (Mort de peurs ?)

9 avril 2020 | Non classé

 Le confinement se poursuit et va durer. Nous pressentons bien que même au moment du dé-confinement, la vie sociale va reprendre lentement. Autour de nous et au téléphone particulièrement nous ressentons angoisse, inquiétude, peurs. Cela touche le plus profond de chaque personne.

A travers cette crise qui touche le monde entier, nous faisons tous les mêmes expériences : insécurité, peur du lendemain… Cela a un impact sur notre vie quotidienne d’une façon individuelle et profonde.

Mais ce qui différencie cette crise des autres, c’est le fait qu’elle rassemble l’humanité. Nous nous retrouvons autour d’un même objectif : limiter et ralentir la propagation du virus.

Cette crise rassemble. En cela, c’est inédit.

D’autre part, le confinement nous oblige à l’introspection. Il fait resurgir tout ce que nous avons refoulé. Il réactive nos peurs. En brouillant notre rapport au temps et à l’espace, il nous oblige à faire face à nos habitudes, nos conditionnements, tout ce que nous faisons souvent sans réfléchir, hérité de notre éducation ou de notre environnement. Ce temps est propice à interroger nos priorités. Il nous pousse aux remises en questions. Nous invite à revoir nos comportements. A se reposer la question de nos valeurs… Avec au final, une question : Sur quoi reposent nos vies ?

Cela met à nu nos fragilités et c’est loin d’être confortable. Alors qu’allons-nous faire ? Fuir, en continuant à nous dissoudre en “tuant le temps” comme on dit ? « Tout sauf rester avec soi-même » en somme. Ou, au contraire, après la sidération, allons- nous rentrer dans la résilience. L’acceptation.
Accepter en effet le vertige de la lenteur, se ré-apprivoiser, s’accueillir sans se juger, laisser couler la vie et faire pas après pas, l’un après l’autre, en reprenant conscience.

Accueillir aussi l’incertitude et la peur. La plus fondamentale, je dirais l’unique, celle sur laquelle toutes les autres reposent : la peur de la mort.
Alors avec courage, persévérance et douceur, affrontons notre vide intérieur, notre non-sens, la perte sous toutes ses formes…il faut en passer par là pour retrouver la capacité de choisir, réinvestir notre Vie, engager concrètement notre liberté.

Alors qu’est-ce que la mort ? Cette mort que notre société a repoussée, occultée depuis plusieurs décennies ? Pourquoi nous fait-elle si peur ? Qu’est ce qui a changé pour que l’on ne la regarde plus, l’enfouisse au plus profond de nous, l’ignorant en espérant qu’elle y reste ou ne resurgisse pas ?
Le déni de la mort et de la vieillesse dans notre société occidentale nous a fait perdre le goût de la Vie. Alors regardons vraiment.

En étant confronté à la mort (ce virus touchant principalement la fonction respiratoire est un vrai symbole) nous redécouvrons ce qu’est la Vie, nous redécouvrons la nature, son rythme, notre relation au Vivant : notre place sur la terre, le cosmos. Nous retrouvons du Sens et avons à retrouver un équilibre, une nouvelle respiration…

La peur est synonyme d’agitation, de confusion, parfois de réaction violente. En revenant à l’intérieur de nous et en acceptant de laisser s’installer un espace, alors nous retrouvons l’esprit, la tranquillité, peut-être même la paix. A partir de là, nous pouvons revisiter chaque aspect de notre identité, devenir plus Conscient. Un monde plus cohérent pourra peut-être émerger.

Ré-apprivoiser la mort, c’est réapprendre la Vie. Vivre, n’est-ce pas accueillir la mort comme processus plein et entier de notre apprentissage de la Vie ? La vie n’est-elle pas plus grande que notre corps ? Notre corps qui disparaît nous rappelle simplement que tout est éphémère, que la vie dans ce corps n’est pas une finalité mais un Pas-Sage.

Alors courage, si nous laissons aller nos faux semblants, nos faux attachements, si nous enlevons nos couches superficielles, alors peut émerger le joyau que nous portons au plus profond de notre Être, ce que nous sommes par Essence, notre nature véritable. Il peut se découvrir ce qui ne meurt pas, ce qui ne peut être altéré, ce petit quelque chose qui est plus grand que nous, ce que nous recherchons inlassablement et maladroitement souvent à l’extérieur de nous, ce qui est notre seule raison de vivre, notre capacité relationnelle, ce que l’on nomme Amour.

L’Amour dans ses différentes expressions… et c’est par le Cœur que nous naissons à l’éternité.
Le confinement nous propose de nous occuper du changement intérieur avant de nous occuper éventuellement du changement extérieur.
Alors que nourrissons-nous actuellement ? La Peur ? La Confusion ? La Révolte ?
Les Jugements ? Ou l’Ouverture, la Vérité, la Confiance ?

Le nouveau monde ne peut en aucun cas être une version améliorée de l’ancien alors n’ayons pas peur d’aller jusqu’au bout de nos confins, faire un état des lieux vrai, courageux, accepter que cela prenne du temps, et vraisemblablement plus de temps qu’une quarantaine…

Demain est un autre Jour.

Bon Confinement

Catherine Hamel de FAMILLE SERVICES AVEYRON

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